Cadre conjoint OMS-UA pour la gouvernance des antimicrobiens : une nouvelle ère réglementaire
L'OMS et l'Union africaine signent un cadre historique de gouvernance des antimicrobiens qui établit des normes contraignantes pour 55 pays africains. Le cadre prévoit des mécanismes de suivi et de responsabilité sans précédent.
L'Organisation mondiale de la Santé et l'Union africaine ont franchi une étape historique en signant le premier cadre contraignant de gouvernance des antimicrobiens pour le continent africain. Adopté lors du Sommet extraordinaire de l'UA sur la santé à Addis-Abeba en mars 2026, ce cadre établit des normes minimales que les 55 États membres s'engagent à respecter en matière de réglementation, de surveillance et d'utilisation des antimicrobiens.
Le cadre repose sur quatre piliers fondamentaux : la réglementation de la vente d'antibiotiques (interdiction de la vente sans ordonnance d'ici 2028), la surveillance intégrée de la RAM (obligation de rapporter les données de susceptibilité antimicrobienne au CDC Afrique), la gestion des antimicrobiens en milieu hospitalier (mise en place obligatoire de comités de gestion dans tous les hôpitaux de référence) et la réduction de l'utilisation des antibiotiques comme promoteurs de croissance en élevage.
Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'OMS, a qualifié cet accord de « moment décisif dans la lutte mondiale contre la RAM ». Il a souligné que « l'Afrique montre au monde qu'il est possible de construire un consensus politique fort autour de la gouvernance des antimicrobiens, même dans des contextes de ressources limitées ».
Un mécanisme d'évaluation par les pairs, inspiré du Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP), sera mis en place pour suivre la mise en œuvre du cadre. Les pays qui ne respecteront pas les délais fixés feront l'objet de recommandations publiques, créant ainsi une pression diplomatique positive. Le premier cycle d'évaluation est prévu pour 2028.
Besoin d'une expertise sur ce sujet ?
Demander une consultation