Détection des résidus d'antibiotiques dans les produits d'élevage : un réseau de laboratoires panafricain
Le nouveau réseau AFRI-ResidueLab, regroupant 30 laboratoires dans 22 pays, standardise pour la première fois les méthodes de détection des résidus d'antibiotiques dans la viande, le lait et les œufs sur le continent.
La contamination des produits alimentaires d'origine animale par des résidus d'antibiotiques constitue un facteur majeur de développement de la résistance antimicrobienne en Afrique. Pour lutter contre ce phénomène, un réseau panafricain de laboratoires spécialisés — AFRI-ResidueLab — a été officiellement lancé lors de la Conférence sur la sécurité alimentaire de Kigali en février 2026.
Le réseau regroupe 30 laboratoires répartis dans 22 pays africains, équipés de technologies de pointe incluant la chromatographie liquide haute performance (HPLC) et la spectrométrie de masse. Pour la première fois, des protocoles harmonisés de détection des résidus d'antibiotiques dans la viande, le lait et les œufs sont appliqués de manière uniforme à travers le continent, permettant des comparaisons fiables entre pays.
Les premiers résultats du réseau sont préoccupants : sur 5 000 échantillons analysés au cours du premier trimestre 2026, 23 % contenaient des résidus d'antibiotiques dépassant les limites maximales fixées par le Codex Alimentarius. Les tétracyclines et les fluoroquinolones représentent les classes d'antibiotiques les plus fréquemment détectées, reflétant leur utilisation massive dans l'élevage intensif et semi-intensif.
Le Dr Bernadette Abela-Ridder, responsable du programme RAM à l'OMS, a salué cette initiative comme « une étape fondamentale vers la traçabilité des antimicrobiens dans la chaîne alimentaire africaine ». Le réseau prévoit d'étendre ses capacités d'analyse à 50 laboratoires d'ici 2028, avec l'objectif de couvrir 90 % des pays membres de l'Union africaine.
Besoin d'une expertise sur ce sujet ?
Demander une consultation