Propagation transfrontalière des maladies dans le corridor sahélien : défis et solutions
Le mouvement transhumant du bétail à travers le Sahel facilite la propagation de pathogènes résistants. Un nouveau cadre de coopération régionale vise à harmoniser la surveillance épidémiologique.
Le corridor sahélien, qui s'étend du Sénégal au Tchad, est traversé chaque année par des millions de têtes de bétail dans le cadre de mouvements transhumants traditionnels. Ces déplacements saisonniers, essentiels à l'économie pastorale, constituent également des vecteurs de propagation de maladies infectieuses à travers les frontières nationales. Une étude coordonnée par la FAO et l'Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) documente pour la première fois l'ampleur de ce phénomène.
Les chercheurs ont suivi 1 200 troupeaux équipés de traceurs GPS à travers six pays sahéliens pendant deux saisons de transhumance complètes. Les prélèvements effectués aux points de passage frontaliers ont révélé des taux alarmants de portage d'Escherichia coli productrice de bêta-lactamases à spectre étendu (BLSE), avec des prévalences variant de 35 % au Sénégal à 62 % au Niger.
Le Dr Amadou Dicko, représentant de la FAO pour l'Afrique de l'Ouest, a souligné que « la transhumance est un mode de vie vital pour des millions de personnes, mais elle nécessite un accompagnement sanitaire adapté ». Il a présenté un nouveau cadre de coopération régionale qui prévoit l'harmonisation des protocoles de surveillance, la création de postes de contrôle vétérinaire mobiles et le partage de données épidémiologiques en temps réel.
Ce cadre, approuvé par les chefs d'État de la CEDEAO lors du sommet de Lomé en janvier 2026, bénéficie d'un financement de 28 millions d'euros de l'Union européenne et de la Banque africaine de développement. Les premiers postes de contrôle mobiles devraient être opérationnels d'ici septembre 2026.
Besoin d'une expertise sur ce sujet ?
Demander une consultation