Pathogènes émergents dans les forêts du bassin du Congo : alerte précoce et réponse rapide
Le réseau PREDICT-Afrique a détecté trois nouvelles familles virales dans des échantillons de chauves-souris prélevés au Cameroun et en RDC. Les protocoles de réponse rapide ont été activés dans la sous-région.
Les forêts tropicales du bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier au monde après l'Amazonie, abritent une biodiversité exceptionnelle qui inclut de nombreux réservoirs viraux encore méconnus. Le réseau de surveillance PREDICT-Afrique, financé par l'USAID et coordonné par le CDC Afrique, vient de révéler la découverte de trois nouvelles familles virales dans des échantillons prélevés sur des populations de chauves-souris frugivores au Cameroun et en République démocratique du Congo.
Les analyses métagénomiques, réalisées dans les laboratoires de référence de Yaoundé et de Kinshasa, ont permis d'identifier des séquences génétiques apparentées aux henipavirus et aux coronavirus, mais suffisamment divergentes pour constituer des taxons distincts. Le potentiel zoonotique de ces virus fait actuellement l'objet d'évaluations approfondies, incluant des tests d'infectivité sur cultures cellulaires humaines.
Le Dr Jean-Jacques Muyembe, virologue congolais de renommée mondiale et découvreur du virus Ebola, a qualifié ces découvertes de « signal d'alarme qui exige une réponse immédiate ». Il a rappelé que la majorité des pandémies du XXIe siècle trouvent leur origine dans des événements de spillover similaires survenus dans des zones forestières tropicales.
En réponse à ces découvertes, les ministères de la santé du Cameroun, de la RDC, du Gabon et de la République du Congo ont activé leurs protocoles de réponse rapide conjoints. Des équipes d'investigation épidémiologique ont été déployées dans les communautés riveraines des zones de prélèvement pour évaluer l'exposition humaine potentielle et renforcer la surveillance syndromique.
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