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Au Cameroun, le mot résistance évoque immédiatement notre mémoire collective : ces héros historiques qui se sont dressés contre la colonisation. Pourtant, la résistance dont il est question aujourd’hui ne brandit aucune arme. Elle est microscopique, silencieuse, et menace directement notre avenir sanitaire.

La RAM, concrètement, c'est quoi ?

Chaque fois que des bactéries, des champignons ou des parasites sont exposés de manière répétée ou mal dosée à des médicaments, les plus faibles meurent. Mais les plus résistants survivent, s'adaptent et se multiplient.

Résultat est que les molécules censées nous soigner deviennent inoffensives face à ces superbactéries.

Si nos traitements perdent leur efficacité, des situations aujourd'hui bénignes, une coupure infectée, un accouchement par césarienne ou une banale pneumonie peuvent redevenir mortelles.

Une menace qui dépasse les hôpitaux

La résistance ne se forge pas uniquement dans nos armoires à pharmacie. Elle s'accélère à l'intersection de notre quotidien :

  • Dans les élevages et les champs : Lorsque des antibiotiques sont administrés systématiquement aux animaux pour accélérer leur croissance ou pulvérisés sur des cultures maraîchères.
  • Dans nos sols et nos eaux : Où les résidus de médicaments rejetés par les ménages et les cliniques créent des terrains d'entraînement pour microbes.
  • Au coin de la rue : Quand deux gélules d'amoxicilline achetées à la sauvette sont prises pour calmer un simple rhume viral.

Cette bataille ne se gagnera pas uniquement dans les laboratoires de pointe ou les réseaux de surveillance continentaux. Elle commence par une prise de conscience collective, un antibiotique ne traite pas une grippe, ne se partage pas avec un voisin, et doit toujours être prescrit par un professionnel qualifié.