Infections nosocomiales dans les unités néonatales africaines : la RAM comme menace invisible
Une étude multicentrique dans 12 pays révèle que 40 % des infections néonatales hospitalières sont causées par des bactéries multirésistantes. Les nouveau-nés africains paient le prix le plus élevé de la crise de la RAM.
Les unités de soins néonatals en Afrique subsaharienne font face à une crise silencieuse mais dévastatrice : la résistance aux antimicrobiens. Une étude multicentrique menée dans 60 unités néonatales de 12 pays, publiée dans le New England Journal of Medicine, révèle que 40 % des infections nosocomiales chez les nouveau-nés sont causées par des bactéries résistantes à au moins trois classes d'antibiotiques.
L'étude, baptisée NeoAMR-Africa, a suivi 8 500 nouveau-nés hospitalisés sur une période de deux ans. Les résultats montrent un taux de mortalité attribuable aux infections multirésistantes de 18 %, soit trois fois supérieur à celui observé dans les infections sensibles aux antibiotiques. Les pathogènes les plus mortels incluent Klebsiella pneumoniae productrice de carbapénémases et Acinetobacter baumannii panrésistant.
Le professeur Iruka Okeke, microbiologiste à l'Université d'Ibadan et co-autrice de l'étude, a déclaré que « chaque jour, des nouveau-nés africains meurent d'infections qui seraient facilement traitables avec des antibiotiques efficaces. C'est une injustice sanitaire fondamentale ». Elle a plaidé pour l'intégration de la surveillance de la RAM dans les programmes de santé maternelle et néonatale.
Parmi les recommandations clés de l'étude figurent le renforcement des pratiques d'hygiène hospitalière, la mise en place de comités de gestion des antibiotiques dans chaque maternité de référence et l'investissement dans la formation continue du personnel soignant. L'OMS a annoncé un programme de soutien technique dédié pour 25 pays prioritaires.
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