Nouveaux antimicrobiens issus de la biodiversité africaine : la renaissance de la découverte de médicaments
Des chercheurs africains exploitent la biodiversité unique du continent pour découvrir de nouveaux composés antimicrobiens. Trois molécules prometteuses issues de micro-organismes du sol africain entrent en essais précliniques.
La crise mondiale de la résistance aux antimicrobiens est aggravée par l'assèchement du pipeline de découverte de nouveaux antibiotiques. Cependant, un mouvement émergent de chercheurs africains est en train de renverser cette tendance en exploitant la biodiversité exceptionnelle et largement inexplorée du continent pour identifier de nouveaux composés antimicrobiens. Le projet AfricaBioAntibiotic, coordonné par l'Université de Pretoria et l'Institut H3D de l'Université du Cap, est à la pointe de cette renaissance.
Le projet a constitué une biothèque de plus de 50 000 micro-organismes isolés à partir d'échantillons de sol, de plantes médicinales et d'environnements extrêmes collectés dans 20 pays africains. Les criblages à haut débit ont identifié 127 extraits présentant une activité antimicrobienne significative, dont trois molécules particulièrement prometteuses qui ciblent des mécanismes d'action inédits contre les bactéries Gram-négatives multirésistantes.
Le professeur Kelly Chibale, directeur de l'Institut H3D et pionnier de la découverte de médicaments en Afrique, a déclaré que « la biodiversité africaine recèle un trésor de molécules antimicrobiennes que le monde n'a pas encore exploré. Notre objectif est de transformer cette richesse naturelle en solutions thérapeutiques, tout en garantissant que les bénéfices reviennent aux communautés et aux pays d'origine ». Il a souligné l'importance du protocole de Nagoya pour assurer un partage équitable des avantages.
Les trois molécules candidates — baptisées AfriMycin-1, AfriMycin-2 et AfriMycin-3 — ont montré une activité puissante contre Klebsiella pneumoniae résistante aux carbapénèmes et Acinetobacter baumannii panrésistant in vitro. Les essais précliniques, financés par le GARDP et le Wellcome Trust à hauteur de 15 millions de dollars, débuteront au troisième trimestre 2026 dans des installations certifiées BPL à Cape Town et Nairobi.
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